la voie à Flamatt

Les intempéries des 7 et 8 août dernier ont causé de nombreux dégâts dans le canton de Fribourg et, une nouvelle fois, les infrastructures ferroviaires ont énormément souffert. La secteur Payerne  - Grolley devrait être réouvert le 16 août, par contre la ligne Fribourg - Berne risque fort de rester fermée ou partiellement inexploitables pendant encore de longues semaines. En cliquant sur suite vous pourrez prendre connaissance de 2 clichés qui vous permettront de comprendre l'étendue des dégâts, ainsi que d'un article (c) la liberté

le tracé des voies est chamboulé à Flamatt

la voie est tordue, on est loin du tracé idéal !

CFF: un glissement de terrain près de Flamatt pourrait couper la Suisse romande de la capitale pendant des semaines.

FRIBOURG-BERNE: la liaison dangereuse est rompue par Marc-Roland Zoellig
La ligne CFF entre Fribourg et Berne, mise à mal lors des pluies diluviennes de la semaine dernière, est toujours fermée. Et ça risque de durer encore un certain temps. Hier après midi, ingénieurs, géologues et forestiers étaient à pied d'œuvre le long d'un tronçon de voie d'environ 150 mètres, situé à deux ou trois kilomètres à l'ouest de la gare de Flamatt.

C'est là que la catastrophe s'est produite: des trombes d'eau se sont infiltrées dans le remblai servant de «semelle» aux rails, l'érodant de l'intérieur. Le talus, composé d'une couche de molasse poreuse surmontée d'une épaisseur de matériaux de construction, s'est affaissé d'une cinquantaine de centimètres par endroits, et s'est déplacé latéralement d'environ 25 centimètres. Une large fissure courant le long du remblai témoigne de ce mouvement géologique.

Les rails, sous lesquels le sol s'est littéralement dérobé, ont pris un aspect curieusement gondolé, et plusieurs des mâts métalliques supportant les lignes électriques aériennes penchent nettement vers le sol. Impossible de faire circuler le moindre train dans ces conditions.
 
Glissement en profondeur
«Il y a eu un glissement de terrain en profondeur», explique l'ingénieur civil Francis Toledano, chef de projet aux CFF. «Nous essayons actuellement de déterminer d'où provient l'eau qui s'est infiltrée.» Afin de réaliser des sondages géologiques, le talus a été entièrement déboisé par l'entreprise broyarde Agribois, dépêchée sur les lieux en urgence. «Nous avons évacué environ 70 m3 de bois», explique son directeur Frédéric Lehmann. Le tout sera transformé en copeaux et valorisé.
 
Les sondages devraient permettre de déterminer la composition géologique exacte du remblai, et la nature des eaux (de surface ou de profondeur) à l'origine de l'incident. «Ce talus a été construit ainsi il y a 70 ans, et il n'y avait jamais eu de problème auparavant», poursuit Francis Toledano.
 
Des mois de travaux?
La zone est cependant considérée «à risque» d'un point de vue géologique. Un kilomètre plus à l'est, une portion de remblai avait dû être «ancrée» dans le sol il y a de cela une grosse dizaine d'années, afin d'éviter tout risque de glissement. Une autre zone, située 500 mètres à l'ouest, a subi le même traitement.

S'il fallait procéder de la même manière pour le tronçon actuellement sinistré, le chantier prendrait une envergure certaine - et l'interruption de la ligne se prolongerait d'autant plus. Il pourrait y en avoir pour des mois, a laissé entendre, dimanche soir, la télévision alémanique. Cette perspective met visiblement les CFF mal à l'aise. «Les géologues se prononceront à la fin de la semaine», lâche Francis Toledano. «Nous travaillons 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour aller le plus vite possible. Notre priorité est d'assurer la sécurité des voyageurs.»
 
Pas qu'à Flamatt
Jean-Louis Scherz, porte-parole des CFF, ne souhaite pas davantage se prononcer sur la durée des travaux. «Ce qui est certain, c'est que les précipitations exceptionnelles de la semaine dernière ont confirmé l'instabilité géologique de la région de Flamatt. Ce problème se retrouve ailleurs en Suisse: un affaissement semblable s'est produit près de Rosshaüsern, entre Berne et Gümmenen.»
 
Des propos confirmés par un observateur avisé et indépendant de la vie du rail, qui se déclare peu surpris par le phénomène, lié à des précipitations d'un volume rarement atteint sous nos latitudes. «Dans ces conditions, il est très difficile de s'accrocher à ce type de terrain, où il faut aller chercher un ancrage très profond.» D'autres zones, entre Winterthour et St-Gall, seraient également concernées selon lui. Il ajoute que la direction des CFF prête toujours une oreille attentive à ses ingénieurs, et ne remet jamais en cause leurs exigences en matière de sécurité.