source : AFP - 29.03.2006, 16:47

La SNCF et ses futurs concurrents, reçus mercredi par le ministre des Transports Dominique Perben, sont en piste pour l'ouverture totale du fret à la concurrence vendredi, une chance selon eux de redynamiser le transport ferroviaire de marchandises. A partir du 31 mars, avec neuf mois d'avance sur le reste de l'Europe, les lignes domestiques de fret seront totalement ouvertes à la concurrence en France. Celles entre la France et l'international le sont déjà depuis mars 2003.

Des sociétés privées ou publiques, françaises ou étrangères, pourront donc théoriquement y faire circuler des trains.

Outre Veolia Transports (ex-Connex), déjà concurrent de la SNCF depuis près d'un an sur les lignes internationales, le belge B Cargo, le britannique Euro Cargo Rail (EWSI), l'allemand Rail4Chem, le luxembourgeois CFL Cargo et le français Europorte 2 (Eurotunnel) ont déjà obtenu le "certificat de sécurité" nécessaire. Le dossier de Colas (Bouygues) est en cours d'instruction

M. Perben, qui a reçu mercredi la SNCF et cinq de ses futurs concurrents, a souligné "l'importance de l'ouverture à la concurrence pour redynamiser le secteur" du fret ferroviaire. Le rail n'achemine plus que 12% des marchandises transportées dans le pays contre 80% pour la route.

Le défi est de taille pour l'opérateur historique français dont l'activité fret continue à accuser des pertes financières importantes, même si elles ont été réduites en 2005 aux alentours de 220 millions d'euros et si le retour des comptes à l'équilibre est prévu fin 2006.{mospagebreak}

La SNCF veut elle aussi se développer à l'étranger. Elle a déjà obtenu les autorisations nécessaires en Belgique, au Luxembourg et en Italie, et en attend deux autres cette année. Ses concurrents, eux,  ne devraient pas arriver tout de suite sur le marché français : mi-mai pour Euro Cargo Rail, juillet pour Veolia.

Veolia, qui a fait rouler en juin 2005 le premier train de marchandises privé en France, espère que l'ouverture se traduira "comme en Allemagne par une revitalisation du secteur", selon le président de sa branche fret Antoine Hurel.

Eurotunnel cherche aussi à se faire une place sur ce nouveau marché en profitant de sa position de gestionnaire du tunnel sous la Manche. "1 à 2% du fret transmanche est ferroviaire, Eurotunnel peut donc avoir une action de niche, complémentaire et cohérente avec les autres opérateurs", a noté son PDG Jacques Gounon.

Matthias Raith, directeur général de l'opérateur allemand Rail4Chem, a toutefois estimé que des lourdeurs administratives ne facilitent pas en France l'entrée des concurrents de la SNCF sur le marché. "D'un point de vue commercial, il est quasi impossible de s'engager en France" a-t-il affirmé.